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Le BIC (Bureau d'Information sur le Crédit) en zone UEMOA : le guide complet (2026)

Qu'est-ce que le BIC, qui le gère, quelles données il contient, le consentement, votre rapport de crédit et vos droits : le guide complet du Bureau d'Information sur le Crédit dans l'UEMOA.

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Carte titre FABA Finance, collection BIC, score et historique : Le BIC (Bureau d'Information sur le Crédit) en zone UEMOA, le guide complet (2026)

En bref : Le Bureau d’Information sur le Crédit (BIC) est la centrale qui recense l’historique d’emprunt des particuliers et des entreprises de l’UEMOA. Il est géré par la société Creditinfo VoLo sous la supervision de la BCEAO. Avant d’accorder un prêt, une banque doit consulter votre rapport de crédit auprès du BIC, ce qui suppose votre consentement écrit préalable. Vous avez le droit de consulter votre propre rapport gratuitement une fois par an et d’en faire corriger toute erreur.

Si vous avez déjà demandé un crédit dans l’UEMOA, on vous a forcément fait signer une autorisation de consultation du BIC. Mais peu d’emprunteurs savent ce qu’est réellement cet organisme, quelles informations il détient sur eux, ni qu’ils peuvent y accéder. Ce guide rassemble l’essentiel : ce qu’est le BIC, qui le gère, ce qu’il contient, pourquoi votre consentement est obligatoire, comment consulter votre rapport et quoi faire en cas d’erreur. Chaque section renvoie vers un article détaillé pour creuser un point précis.

Infographie : comment fonctionne le BIC, des sources de données à la décision de crédit Comment circule votre historique de crédit : des sources jusqu’à la décision de la banque.

Qu’est-ce que le BIC ?

Le BIC est un bureau d’information sur le crédit : une institution privée qui collecte, centralise et restitue l’historique de crédit et de paiement des emprunteurs. Concrètement, il rassemble auprès des organismes financiers, des sources publiques et des grands facturiers (sociétés d’électricité, d’eau et de téléphonie mobile) les données sur les antécédents de crédit d’une personne ou d’une entreprise, puis les met à disposition des prêteurs sous forme d’un rapport de crédit.

L’objectif est double : permettre aux banques de mieux évaluer le risque avant de prêter, et favoriser l’accès au financement des emprunteurs sérieux, dont le bon comportement de remboursement devient un actif vérifiable. Le système repose sur trois principes posés par la loi : réciprocité (qui consulte doit aussi alimenter la base), confidentialité et consentement préalable de la personne concernée.

Qui gère le BIC, et depuis quand ?

Dans l’UEMOA, le BIC est opéré par la société Creditinfo VoLo, agréée à cet effet et dont les activités ont officiellement démarré le 1ᵉʳ février 2016. Son siège est à Abidjan, avec une présence régionale couvrant l’ensemble de l’Union.

Le dispositif a été mis en place par la BCEAO, qui en assure l’environnement juridique et la supervision. Le cadre légal est la loi uniforme portant réglementation des BIC dans les États membres de l’UMOA, adoptée par le Conseil des ministres de l’Union en 2013 puis transposée par chaque État (par exemple la loi n° 2014-02 du 6 janvier 2014 au Sénégal, ou l’adoption par l’Assemblée nationale ivoirienne fin décembre 2013). Le BIC est donc une entreprise privée, mais qui opère dans un cadre strictement encadré par la banque centrale.

Le système monte en puissance : le nombre de clients enregistrés est passé de quelques dizaines de milliers au démarrage à plus de 5,8 millions (dont environ 5,7 millions de particuliers) en quelques années.

Quels pays sont couverts ?

Le BIC couvre les huit États membres de l’UEMOA : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo. Les données peuvent être partagées entre établissements de l’Union, y compris lorsque le prêteur est situé dans un autre État membre. Un historique constitué dans un pays vous suit donc, en principe, dans toute la zone.

FABA Finance opère aujourd’hui en Côte d’Ivoire et au Sénégal, deux marchés où le BIC est pleinement actif.

Quelles informations le BIC contient-il ?

Le rapport de crédit retrace votre comportement d’emprunteur : crédits en cours et passés, montants, soldes restant dus, arriérés éventuels, incidents de paiement et taux appliqués. Il ne contient pas vos dépôts ni le détail de votre épargne.

Le BIC contientLe BIC ne contient pas
Vos crédits en cours et passés (banques, SFD)Le solde de vos comptes de dépôt
Les soldes restant dus et les limites de créditVotre épargne
Les arriérés et cessations de paiementDes appréciations subjectives sur vous
Les impayés signalés par les grands facturiers (eau, électricité, téléphonie)Des données sans lien avec le crédit ou le paiement

C’est pourquoi un retard de facture chez un grand facturier peut, lui aussi, finir par peser sur votre dossier de crédit.

Pourquoi les banques consultent-elles le BIC ?

Parce que la loi les y oblige. Avant d’octroyer un crédit, un établissement assujetti (banque ou système financier décentralisé) doit adresser une requête au BIC pour obtenir un rapport de crédit, à condition d’avoir recueilli au préalable votre consentement écrit, et faire figurer ce rapport dans votre dossier. La consultation du BIC n’est donc pas une formalité optionnelle : c’est une étape réglementaire de l’instruction de toute demande de crédit.

C’est aussi dans votre intérêt : un bon historique constitue un argument concret pour obtenir un crédit, et parfois de meilleures conditions.

Le consentement BIC : pourquoi on vous le demande

Le consentement est la clé d’entrée du dispositif. La banque ne peut consulter le BIC que si vous lui avez donné une autorisation préalable, libre et écrite. Cette autorisation n’est valable que pour l’établissement qui la recueille : chaque banque sollicitée vous demandera donc la sienne.

Refuser n’est pas illégal, mais bloque la demande : sans consentement, la banque ne peut pas obtenir le rapport qu’elle est tenue d’examiner. Tous les détails, pourquoi c’est obligatoire, ce qu’il se passe en cas de refus, comment l’autorisation est recueillie, figurent dans notre article dédié : le consentement BIC.

Qu’est-ce que le rapport de crédit (et le « score ») ?

Le rapport de crédit est le document de référence : la photographie de votre historique d’emprunt à un instant donné. À partir de ces données, un BIC peut aussi produire un score, un indicateur synthétique de votre profil de risque, que certains prêteurs utilisent en appui de leur décision. Le rapport reste toutefois le cœur du système ; le score n’en est qu’une lecture résumée. Pour savoir ce que contient précisément votre rapport et comment l’interpréter, voyez comment consulter votre rapport de crédit BIC.

Comment consulter votre propre rapport BIC ?

C’est un droit. Vous pouvez recevoir l’ensemble des informations détenues sur vous, sous la forme d’un rapport de crédit, gratuitement une fois par an, et également en cas de litige lié à une erreur. La demande peut se faire directement auprès du BIC ou par l’intermédiaire d’un établissement où vous êtes client. La marche à suivre est détaillée dans comment consulter votre rapport de crédit BIC.

Vérifier son rapport avant de déposer une demande est une bonne habitude : cela évite les mauvaises surprises et permet de corriger une éventuelle erreur en amont.

Un incident ou une erreur au BIC : que faire ?

Deux situations à distinguer. S’il s’agit d’une erreur (un crédit qui n’est pas le vôtre, un incident déjà régularisé), vous pouvez déposer une réclamation auprès du BIC, pièces justificatives à l’appui ; le BIC dispose alors d’un délai court pour la transmettre au fournisseur de données. S’il s’agit d’un incident réel (un impayé), l’information n’est pas effaçable sur demande : elle est conservée cinq ans après la fin de la relation d’affaires concernée, mais son poids diminue à mesure que vous reconstruisez un historique sain. La procédure complète figure dans incident, fichage, erreur au BIC : comment corriger votre rapport.

Un incident au BIC est d’ailleurs l’une des causes fréquentes de refus de crédit. Si vous y êtes confronté, voyez aussi crédit refusé : pourquoi et quoi faire.

Quels sont vos droits ?

La loi uniforme protège l’emprunteur sur plusieurs plans. Vous avez le droit :

  • d’être informé et de donner (ou non) votre consentement avant toute consultation ;
  • de recevoir votre rapport de crédit gratuitement une fois par an, et en cas de litige ;
  • de contester une information erronée et d’en demander la correction ou la radiation ;
  • à la confidentialité : vos données ne peuvent être partagées qu’avec les établissements habilités, et ne portent jamais sur vos dépôts.

Ces droits s’inscrivent dans le cadre plus large des droits de l’emprunteur, et complètent le parcours décrit dans notre guide comment obtenir un crédit.

Questions fréquentes

Le BIC est-il une administration publique ?

Non. Le BIC est opéré par une société privée, Creditinfo VoLo, mais sous l'agrément et la supervision de la BCEAO et dans le cadre d'une loi uniforme à l'échelle de l'UEMOA.

Mon historique d'un pays UEMOA me suit-il dans un autre ?

Oui, en principe. Le dispositif permet le partage des données entre établissements de l'Union, y compris d'un État membre à l'autre.

Le BIC voit-il l'argent que j'ai sur mon compte ?

Non. Le rapport de crédit ne porte pas sur vos dépôts ni votre épargne : il retrace votre historique de crédit et de paiement.

Une facture d'eau ou d'électricité impayée peut-elle apparaître ?

Oui. Les grands facturiers (eau, électricité, téléphonie) font partie des sources du BIC : un impayé signalé peut figurer dans votre historique.

Combien de temps une information reste-t-elle au BIC ?

Les informations sont conservées cinq ans après la fin de la relation d'affaires concernée.

Puis-je voir mon propre rapport ?

Oui, gratuitement une fois par an, et en cas de litige lié à une erreur.

Sources

  • BCEAO, Promotion des Bureaux d'Information sur le Crédit dans l'UMOA ; supervision du dispositif.
  • Loi uniforme portant réglementation des BIC dans les États membres de l'UMOA (adoptée en 2013, transposée par chaque État ; ex. loi n° 2014-02 du 6 janvier 2014, Sénégal).
  • Creditinfo VoLo (BIC agréé dans l'UMOA), fiches d'information ; formulaires de consentement.
  • Instruction n° 002-01-2015 de la BCEAO relative aux modalités d'obtention du consentement.