← Tous les articles Dossier · Le guide du crédit

TEG ou TAEG : comprendre le vrai coût d'un crédit (UEMOA 2026)

TEG, TAEG, taux nominal, taux d'usure : ce que chaque taux signifie vraiment et comment comparer le coût réel d'un crédit en zone UEMOA. Plafonds BCEAO 2026 inclus.

Mis à jour le

  • TEG
  • TAEG
  • taux d'usure
  • coût du crédit
  • UEMOA
  • BCEAO
Carte titre FABA Finance, collection Le guide du crédit : TEG ou TAEG, comprendre le vrai coût d'un crédit (UEMOA 2026)

En bref : Le TEG (taux effectif global) et le TAEG (taux annuel effectif global) désignent la même chose : le coût « tout compris » d’un crédit, exprimé en pourcentage annuel. La vraie distinction à surveiller n’est pas entre ces deux sigles, mais entre le taux nominal affiché et le TEG réel. Et aucun crédit ne peut dépasser le taux d’usure : depuis le 1er juin 2026, 14 % pour les banques et 24 % pour la microfinance.

Comparer deux offres de crédit sur le seul taux affiché est l’erreur la plus fréquente, et la plus coûteuse. Deux prêts au même taux nominal peuvent avoir un coût réel très différent une fois ajoutés les frais. Cet article clarifie le vocabulaire et vous donne le bon réflexe pour comparer.

TEG et TAEG : une différence surtout de vocabulaire

Commençons par lever une confusion entretenue par beaucoup de contenus en ligne, souvent calqués sur la réglementation française. TEG et TAEG renvoient au même concept : le coût total annualisé d’un crédit, qui rapporte l’ensemble des frais obligatoires au montant emprunté.

L’histoire des deux sigles est simple. En France, le « TEG » a été renommé « TAEG » en 2016. Dans l’UEMOA, les deux termes circulent : les documents bancaires parlent souvent de TEG, tandis que les textes récents de la BCEAO emploient TAEG. Dans les faits, traitez-les comme des synonymes, ne perdez pas de temps à chercher une différence de fond entre eux.

La vraie distinction : taux nominal vs TEG

Voilà la distinction qui compte vraiment. Le taux nominal (ou taux débiteur) est le taux d’intérêt « de base » mis en avant par la banque. Le TEG, lui, intègre tous les frais obligatoires liés au prêt. C’est donc toujours le TEG, jamais le taux nominal, qui reflète ce que le crédit vous coûte réellement.

Infographie : composition du TEG, le taux nominal plus les frais obligatoires, sous le plafond du taux d'usure Le TEG empile le taux nominal et tous les frais obligatoires. Le total doit rester sous le plafond légal du taux d’usure.

Un exemple chiffré, volontairement simplifié, montre pourquoi le taux nominal trompe :

Offre AOffre B
Taux nominal7,5 %8,0 %
Frais de dossier + assurance + garantieélevésréduits
TEG réel≈ 9,2 %≈ 8,6 %

Sur le papier, l’offre A semble moins chère. Une fois tous les frais intégrés, c’est l’offre B qui coûte le moins, un écart invisible si l’on regarde seulement le taux affiché.

Ce que contient (et ne contient pas) le TEG

Pour lire un TEG, encore faut-il savoir ce qu’il agrège. La règle : le TEG inclut tous les frais obligatoires conditionnant l’octroi du prêt.

Inclus dans le TEGSouvent hors TEG
Les intérêts (taux nominal)Les frais facultatifs
Les frais de dossierLes pénalités de retard
L’assurance emprunteur obligatoireCertains frais variables (notaire, etc.)
Les frais de garantie / hypothèqueLes services annexes non imposés
Les commissions obligatoires

En Côte d’Ivoire, la taxe sur les opérations bancaires (TOB) et l’assurance décès-invalidité, souvent imposée pour un crédit, font partie des coûts que vous devez intégrer dans votre comparaison.

Le taux d’usure : le plafond légal à connaître (2026)

Le taux d’usure est le coût maximal au-delà duquel un crédit devient illégal. C’est un plafond strict, destiné à protéger l’emprunteur : un prêt dont le TEG dépasse ce seuil est dit « usuraire » et expose l’établissement à une sanction de la Commission bancaire de l’UMOA.

Ce plafond a été révisé par le Conseil des ministres de l’UMOA (décision du 29 décembre 2025) et est entré en vigueur le 1er juin 2026 :

Type d’établissementTaux d’usure depuis le 1er juin 2026Auparavant
Banques14 % l’an15 %
Microfinance (SFD), établissements financiers de crédit, autres24 % l’an27 % (microfinance)

Concrètement, si le TEG d’une offre dépasse le seuil applicable, le crédit est hors-la-loi. Vérifier que le TEG annoncé reste sous ce plafond est donc un premier filtre de sécurité.

Comment l’utiliser pour comparer deux offres

La méthode tient en trois gestes simples, à appliquer avant toute signature :

  1. Demandez le TEG, pas seulement le taux nominal, à chaque banque.
  2. Comparez les TEG entre eux : le plus bas l’emporte, même si son taux nominal est plus élevé.
  3. Vérifiez le plafond d’usure (14 % ou 24 %) pour écarter toute offre abusive.

Pour réunir les pièces qui permettront à la banque de vous éditer une offre chiffrée, voyez notre liste des documents pour une demande de crédit. Et si vous voulez maximiser vos chances d’obtenir le meilleur TEG, lisez Crédit refusé : pourquoi et quoi faire.

Questions fréquentes

TEG et TAEG, est-ce la même chose ?

Oui, dans la pratique. Les deux sigles désignent le coût total annualisé d'un crédit. Les documents bancaires parlent souvent de TEG, les textes récents de la BCEAO de TAEG.

L'assurance est-elle comprise dans le TEG ?

Oui lorsqu'elle est obligatoire pour obtenir le prêt, ce qui est très fréquent pour un crédit immobilier ou à la consommation.

Quel est le taux d'usure en 2026 ?

Depuis le 1er juin 2026 : 14 % l'an pour les banques et 24 % l'an pour la microfinance et les autres établissements financiers de crédit, selon la décision du Conseil des ministres de l'UMOA.

Un taux nominal bas est-il toujours avantageux ?

Non. Un taux nominal attractif peut cacher des frais élevés. Seul le TEG permet une comparaison juste.

Le TEG inclut-il les frais de notaire ?

Pas toujours : certains frais variables, comme ceux d'un notaire, peuvent être présentés à part. Demandez le détail des frais inclus.

Sources

  • BCEAO, Taux d'usure dans l'UMOA ; décision du Conseil des ministres de l'UMOA (29 décembre 2025), en vigueur le 1er juin 2026.
  • Couverture presse spécialisée (Agence Ecofin, 7info) sur la révision des plafonds 2026.